Pointe-du-Buisson est une petite pointe de terre, au confluent du fleuve Saint-Laurent et de la rivière des Outaouais, un havre naturel, bordé de rapides bouillonnants, où il était facile d’accoster. Cette bande de terre est demeurée, depuis la préhistoire jusqu’au tournant des années 1960, un lieu de pêche de prédilection. Pendant 5 000 ans, des familles y ont fait des portages et dressé leurs camps qui ont laissé des traces physiques sous de multiples formes. Ce vaste complexe archéologique se hisse d’ailleurs au rang des rares sites localisés dans le Nord-Est américain qui présentent à la fois une aussi longue séquence d’occupation et une aussi grande richesse artéfactuelle.
Au cours de la préhistoire, le site a été occupé par des Amérindiens, principalement aux abords du fleuve. C’était un lieu de débarquement, de portage et on y pratiquait la pêche. Des camps de pêche saisonniers se sont d’ailleurs développés à Pointe-du-Buisson, avec des dizaines d’occupants y vivant plusieurs mois par année. Le sous-sol de Pointe-du-Buisson renferme ainsi une densité inégalée d’informations sur les activités de pêche de cette période.
La période Française est marquée par le passage d’explorateurs, de commerçants, de militaires et de missionnaires. Tout au long des 17e et 18e siècles, le Haut-Saint-Laurent est essentiellement un axe de circulation. Dans ce contexte, le Buisson est devenu un lieu de transit pour les voyageurs qui remontent le Saint-Laurent en direction du lac Ontario et du pays des Iroquois. De nombreux équipages y dressent des campements.
Le sol révèle aussi des vestiges du Régime anglais. Entre 1830 et 1850, Pointe-du-Buisson fait partie du domaine seigneurial de Lord Edward « Bear » Ellice, quatrième seigneur de Beauharnois. Vers 1837, il y construit une maison où sa belle-fille, Jane Ellice, séjournera quelque temps. Les aquarelles qu’elle y a peint et le journal qu’elle y a tenu alors sont parvenus jusqu’à nous et constituent de riches sources historiques. Les fouilles archéologiques ont mis au jour les fondations de la résidence des Ellice.
La période de 1910 à 1965 voit la construction de plusieurs chalets de pêche et l’installation de plusieurs familles pendant la saison estivale, sans compter les nombreux campeurs admis sur les lieux. Cet épisode connaît l’émergence d’une pêche commerciale. La construction d’un barrage hydroélectrique en 1962 mettra fin à une longue séquence d’occupation des lieux à des fins de subsistance.
Depuis 1965, les archéologues et visiteurs du Parc sont les acteurs qui occupent le sol de Pointe-du-Buisson.

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